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Classicisme, baroque et rococo

En France, à partir du XVII° siècle, se développe un art imposant, démonstration de la puissance d’un souverain surnommé le Roi-Soleil : Louis XIV. Le château de Versailles, son architecture, ses décors, ses jardins, ses peintures de portraits et d’inspiration mythologique… seront l’illustration parfaite de cette grandeur recherchée par la pouvoir royal, jusqu’aux terribles secousses de la Révolution française !

Les classiques
Après l’assassinat d’Henry IV, les guerres de religion, la Fronde et les autres traumatismes des conflits fréquents avec ses voisins européens, le XVII° siècle français était mal parti et peu enclin aux arts et au luxe. En quelques années, Louis XIV renversera la tendance en quelques années et donnera à ce siècle une réputation de faste en organisant des fêtes, des réceptions somptueuses et en soutenant les arts qui contribueront à donner de son règne une image grandiose.

Mobilier
Louis XIV fera ainsi réalisé un mobilier d’un luxe incroyable pour meubler son palais de Versailles. La plupart des éléments de décoration étaient en argent massif sauf… le trône royal ! ! ! Constitué de bois, celui-ci était toutefois recouvert d’un plaquage en argent qui faisait croire aux ambassadeurs étrangers que le Roi possédait une fortune si colossale qu’il s’était fait fabriquer un trône en argent massif. Beaucoup de ses pièces de mobilier furent détruites, fondues ou vendues pour financer la coûteuse guerre contre les Augsbourg.

Le château de Versailles
Afin de contrôler ses courtisans et les tentatives de déstabilisation du pouvoir, Louis XIV fit construire un fabuleux et luxueux domaine sur les terres de Versailles, pour y installer la Cour et donner de somptueuses réceptions en son honneur. Le château de Versailles fut édifié par un trio déjà responsable du château de Vaux-le-Vicomte : Louis Le Vau pour l’architecture, André Le Nôtre sera le créateur des fameux jardins à la française (organisation très ordonnée et variée de la nature, rythmée de jeux d’eau et de vastes perspectives) et Charles Le Brun pour les peintures et les décorations intérieures, très influencée par les mythologies Antiques et représentant les « exploits » du Roi.




La galerie des glaces est l’une des pièces les plus étonnantes du château : un long corridor aux murs recouverts de miroirs gigantesques, véritable exploit technique pour l’époque.


Peintres classiques
Nicolas Poussin, Le jugement de Salomon, 1649, huile sur toile.

Nicolas Poussin, Les bergers d’Arcadie, 1637-1638, huile sur toile, Musée du Louvre, Paris
Ce tableau représente des bergers. L’arcadie était une région de la Grèce antique considérée comme le pays idéal. Elle était le symbole d’un âge d’or où la vie était insouciante et bucolique.  Poussin a représenté un petit groupe de bergers qui déchiffrent l’inscription Et in arcadia ego :  « Je suis en Arcadie ». Cette inscription vient leur rappeler leur condition d’hommes mortels dans un pays considéré comme un paradis terrestre. On remarquera les poses et les vêtement très influencés par les statues antiques dans une composition mise en scène comme une pièce de théâtre, très organisée, typique de l’art classique.

Jacques-Louis David, Le serment des Horaces, huile sur toile, 1785.


L'art baroque
D’autres artistes, à la même époque, ont développé un art plus libre, plus original aussi. C’est ce que l’on appellera l’ « art baroque ». Classicisme et art baroque évolueront parallèlement pendant les deux siècles qui précéderont la Révolution française. Si les compositions classiques s’illustrent par un goût marqué pour l’organisation rectiligne, ordonnée, rigoureuses, celles du baroque seront plus imaginatives, voire fantaisistes, irrégulières, faites de courbes et de contre-courbes. Le terme « baroque » vient du portugais et désigne les rochers ou les perles de formes irrégulières, puis par extension, tout ce qui est extravagant.

Le baroque et le classicisme furent les deux styles dominants de cette période prè-révolutionnaire, tant en peinture et en architecture qu’en sculpture, en musique et en littérature. Voici quelques représentants du baroque dans ces différentes disciplines :

Architecture

L’église du Gesù à Rome, Vignole et Giacomo della Porta, XVI° siècle.
Cette façade est considérée comme le manifeste de l’art baroque, même si ses architectes ont utilisé le vocabulaire classique, comme les pilastres (sorte de colonnes carrées qui « sortent » du mur). Mais des fantaisies, comme les volutes latérales de l’étage et les frontons imbriqués (un triangle dans un arc-de-cercle) introduisent du mouvement et une originalité baroques.

Francesco Borromini (1599-1667), Eglise Saint-Charles-aux-Quatre-Fontaines à Rome.

Sir Christopher Wren (1632-1723), Cathédrale Saint-Paul de Londres, 1675-1708.


Sculpteurs baroques

Gian Lorenzo Bernini, dit Le Bernin (1598-1680), Extase de Sainte-Thérèse, marbre, 1645-1652, Chapelle Cornaro de l’église Santa Maria della Vittoria à Rome.

Pierre Puget (1620-1694), Milon de Crotone, 1682.
Milon de Crotone était un athlète grec d’une force prodigieuse. Vainqueur des jeux Olympiques, il serait mort en se coinçant la main dans un chêne qu’il avait entrepris de débiter avec sa seule force. Des loups l’auraient alors dévoré. Puget le représentera aux prises avec un Lion, cela fait plus chic !


Peintres baroques

Pierre-Paul Rubens (1577-1640), La descente de croix, huile sur toile, 1614
« Le peintre des rois et le roi des peintres », peintre flamand et diplomate de talent, Rubens avait un goût prononcé pour les grandes compositions et la couleur.

Diego Vélasquez (1599-1660), Les Ménines, 1656, huile sur toile, Musée du Prado, Madrid.
Ce tableau célébrissime est une sorte de manifeste de l’art baroque. En effet, alors que le sujet semble être un portrait de l’infante Marguerite d’Espagne (la fille du Philippe IV), on remarque vite deux choses. Certains personnages regardent vers le spectateur, comme si le centre d’intérêt de la scène n’était pas uniquement la petite fille. On remarque aussi, sur la gauche du tableau, un grand cadre et un homme avec une palette et un pinceau. C’est un autoportrait de Vélasquez. Si l’on en juge par la façon dont sont placés les personnages, Vélasquez ne peint pas l’Infante, il peint… les spectateurs ! cette mise en perspective est typique du jeu de l’art baroque. Mais ce n’est pas fini. Si l’on observe le fond de l’image, on remarque un miroir dans lequel se reflètent deux personnages, Philippe IV d’Espagne et sa femme. Ce sont eux, les sujets du tableau de Vélasquez… le tableau représente donc ce que voient les souverains pendant qu’ils sont peints par Vélasquez, et nous voyons à travers leurs yeux !

Le Caravage, La vocation de Saint Mathieu, huile sur toile, 1599


Musique
La musique baroque, comme celle d’Haendel et Jean-Sébastien Bach, mais aussi celle d’italiens comme Vivaldi, résonne toujours de nos jours. Des compositeurs français, comme Jean-baptiste Lully, François Couperin ou Marc-Antoine Charpentier s’illustrèrent également. Pour en savoir plus, adressez-vous à votre professeur d'éducation musicale préféré!

En littérature, William Shakespeare & Molière furent deux dramaturges incontournables et toujours d'actualité du baroque. Pour en savoir plus, adressez-vous à votre professeur de français préféré!


Rococo
Derrière ce nom rigolo se cache un art très imaginatif, extrêmement (sur)chargé, sorte d’apothéose du baroque, qui viendra conclure la période classique. La France, pendant la régence et le règne de Louis XV, a été l’un des pays où s’est développé le « style rocaille », désigné ensuite avec mépris comme « rococo » par les peintres néo-classiques qui suivront au XVIII° siècle.
Antoine Watteau (1684-1721) et François Boucher (1703-1770) sont les peintres français représentant l’art rococo.


Oeben & Riesener, Bureau secrétaire de Louis XV.
Ce bureau est l’un des meubles les plus prestigieux jamais réalisés. Il demanda 9 ans de travail à l’ébéniste Oeben, puis à son élève Riesener. Son décor de marqueterie en bois précieux est complété par des bronzes dorés et des éléments en porcelaine de Sèvres. Le mobilier, au cours des XVII° et XVIII° siècles, est devenu un art de tout premier plan. Le travail du bois et le luxe et la finesse des décors témoignent du raffinement du style rococo.


Johann Balthasar Neumann, Basilique de Vierzehnheiligen
à Bad Staffelstein en Bavière (Allemagne), 1743-1772
La Bavière, région allemande, est l’un des hauts lieux du style rococo, avec notamment un grand nombre d’églises. Sur cette photo de l’autel central de la basilique de Vierzehnheiligen à Bad Staffelstein, on se rend compte des caractéristiques des décors rococo. Les murs, voûtes et plafonds sont généralement blancs et surchargés de stucs (enduit à base de chaux, chargé en sable ou poudre de marbre. on l'utilise pour réaliser des décors chantournés et voluptueux) et de dorures.

En France, des voix s’élèvent contre ces décors « pâtissiers », symboles peu compatibles de l’opulence et du pouvoir royal, mais aussi écclesiastique, avec les idéaux de la Révolution qui gronde…



Quelques autres oeuvres de la même période, mais moins marquées par cette opposition entre classiques et baroques...

Johannes Vermeer de Delft, Jeune fille au turban, huile sur toile, Hollande, 1660

Rembrandt Van Rijn, Autoportrait âgé, huile sur toile, Hollande, 1669

Jean-Siméon Chardin, Nature morte à la raie, huile sur toile, France, 1728

 

 

 

 

Extrait de :

http://artsplastiques.camus.jarville.over-blog.fr/pages/Classicisme_amp_baroque-640448.html

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